Paris, le 16/3/20

Continuité Pédagogique

covid19L'urgence sanitaire dans notre pays a débouché sur des décisions importantes prises par le ministère, qui impliquent, pratiquement et à ce jour, de rester confiné chez soi. Ces décisions évoluent quotidiennement en fonction de la situation. Donc, disons-le tout de suite, faire l'école sans l'Ecole ou imaginer une quelconque « continuité pédagogique », ce n'est pas possible. Tout le temps que durera le confinement, il n'y aura pas d'école, et la qualité de ce que feront les élèves chez eux est renvoyé à leur implication personnelle et aux possibilités familiales. Nous savons dans ces conditions que cela donnera lieu à de très grandes inégalités que nous ne pourrons réduire « à distance ».

Demander aux parents de faire l'école ou même de surveiller leurs enfants pour un travail scolaire quand eux-mêmes sont également confinés ou en télétravail est extrêmement inégalitaire, en fonction des ressources (taille et qualité de lieux d'habitation, fracture numérique etc…) et des préoccupations culturelles.

Les enseignants doivent répondre à des demandes institutionnelles pour assurer un certain nombre de choses. La confusion la plus totale règne avec, comme pour d'autres choses, des inégalités flagrantes entre académies. Certaines injonctions n'ayant d'ailleurs rien à voir avec la fameuse « continuité pédagogique ». Mais n'oublions pas que la plupart des enseignants auront eux aussi à garder leurs propres enfants chez eux.

L'EPS

Pour ce qui nous concerne, il nous paraît essentiel de faire juste preuve d'un peu de bon sens et de ne pas céder soit à la psychose soit à la dérive technocratique qui, malheureusement, fleurissent dans cette situation de crise.

  • L'institution doit se charger de maintenir le lien avec les élèves, notamment les plus en difficulté. Garder le contact, sans démagogie, c'est une première chose qui implique des mesures à prendre pour les établissements (ENT, mails ou appels réguliers de la part de l'administration…) et leur proposer, à titre d'exemple, des activités éducatives (mise à disposition d'ouvrages, accès aux médiathèques numériques…)

  • Pour ce qui concerne l'EPS, le but principal, compte tenu de la situation actuelle est d'inciter à avoir des pratiques physiques, limités certes par les contraintes des lieux d'habitation, sachant que de toute façon il ne pourra y avoir aucun contrôle sur le réel. De ce point de vue, toutes les initiatives sont bonnes à prendre pour dialoguer avec les élèves et savoir ce qu'ils peuvent faire et font chez eux. Il est aussi possible, en complément, d'inviter les élèves à se cultiver sur le sport et arts corporels (films, reportages...) et organiser les échanges sur ce qu'ils ont pu mettre en œuvre. A partir de là, les enseignants pourront affiner leurs propositions pour qu'elles touchent le maximum d'élèves.

Les taches « administratives » autour de l'EPS

Ici ou là, on voit des injonctions arriver sur le principe : vous n'êtes pas en vacances, vous « devez » un service, etc. C'est-à-dire sur un mode culpabilisateur comme si les enseignant-es avaient choisi la situation actuelle. Là encore, faisons preuve d'un peu de bon sens.
Quoi qu'on en dise, le travail collectif est bloqué pour une période indéterminée. Ne faisons pas comme si tout le monde était équipé pour faire des « visioconférences » sans aucun problème. Pour quiconque ayant essayé, même s'il y a des possibilités réelles, on sait que c'est compliqué, pas fiable… A moins que très rapidement l'administration envoie chez chaque enseignant du matériel prééquipé et fiable.
Nous invitons donc les collègues à faire ce qui leur paraît possible et juste. Il faut faire confiance à la profession, son sens des responsabilités et sa professionnalité.

Sur les futurs référentiels CCF, nous demandons, comme nous l'avons annoncé au mois de janvier de ne rien rendre à l'administration avant le 8 juin. Nous reviendrons sur le sujet très prochainement.

Prévenez le SNEP-FSU en cas de pression trop importante de l'administration.

Conclusion

Quelles que soient les circonstances, la liberté pédagogique relève de l'enseignant et aucune injonction de méthode d'enseignement, y compris à distance ne peut être imposée. De plus, l'application d'un délai temporel de mise en place de nouvelle « pédagogie » est nécessaire. L'épidémie en cours ne supprime pas les statuts des enseignants.

Si vous souhaitez vous désinscrire de notre newsletter, cliquez ici